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Du Rififi dans la restauration

Soumis par Je Produis Français le 11. Juin 2013 - 14:32

Le syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs demande la création d'un label restaurant. Objectif : distinguer des produits surgelés retravaillés de la vraie cuisine. Dossier sensible.

Peut mieux faire
31% des restaurateurs utilisent des produits industriels dans leur cuisine et plus de la moitié d’entre eux seraient prêts à abandonner ces vilaines pratiques. Le Synhorcat a fait son enquête. L’objectif de cette nouvelle appellation est donc double. Améliorer l’information des consommateurs et tirer la qualité vers le haut. Autant dire qu’à l’heure du scandale de la viande de cheval, ce n’est pas du luxe. Cerise sur le gâteau, ce nouveau label pourrait créer potentiellement 27.000 emplois selon le syndicat. Et sans doute, une augmentation des additions. Un service et une nourriture de qualité, ça se paie.

Bataille de chiffres et d’influence
"La vraie richesse de la restauration française est la diversité" claironne les antis. Selon eux, l’usage restrictif du mot restaurant aurait des conséquences dramatiques en termes d’emplois, notamment chez les jeunes. Un quart des 700.000 salariés du secteur a moins de 25 ans. Avec plus de trois millions de personnes sans emploi en France (soit 10,4% des actifs en mai 2013 selon l’INSEE), l’idée fait grincer des dents. Six organisations (UMIH, GNC, SNARR, SNRPO, SNRTC et CPIH) s’opposent à la création du label restaurant et soutiennent en revanche la création d’un statut "artisan-restaurateur". Sachant qu’elles représentent la grande majorité du secteur (notamment les fast-food, les chaînes d’hôtels et les cafétérias), elles pèsent de tout leurs poids dans les discussions.

La suite, à l’Assemblée Nationale
La création d’un label restaurant "fait maison" qui vise à améliorer l’information des consommateurs est défendue par Daniel Fasquelle. Le député UMP est soutenu par une trentaine d’élus. Cette proposition devrait être examinée comme amendement au projet de loi sur la consommation. Les premières discussions se sont déroulées à Bercy lors des réunions du comité de filière restauration. Mardi 11 et Mercredi 12 Juin, la commission des affaires économiques de l’assemblée nationale auditionne Benoît Hamon, le ministre délégué chargé de l’économie sociale et solidaire de la consommation. Le projet de loi sera débattu dans l’hémicycle les 25 et 26 Juin prochain.