Vous êtes ici

Emploi : va-t-on dans le bon sens pour redresser la courbe?

Soumis par Je Produis Français le 14. Mai 2014 - 8:33
Emploi : va-t-on dans le bon sens pour redresser la courbe?

Categorie d'actu:

Choc de simplification, pacte de compétitivité et de solidarité... Est-ce vraiment adapté aux artisans, commerçants et TPE qui représentent 32% du PIB. Ce sont eux le made in France et le premier employeur du pays.

Pour voir l'interview en vidéo, cliquez ICI

Je Produis Français : Le Gouvernement est-il dans le concret?
Jean-Marc Daniel (économiste) 
: Il y a une composante communication qui est assez forte. Il y a d'ailleurs un jeu sur les pactes et la terminaison en "té". Il y a les pactes de compétitivité, de responsabilité, de solidarité. Derrière tout ça, on voit bien qu'il y a des effets de communication. Quand on essaye de voir la philosophie de tout ça, je dirais qu'il y a deux niveaux. Il y a le niveau "ma priorité c'est l'emploi", c'est à dire qu'on va essayer de préserver l'emploi à court terme et essentiellement l'emploi peu qualifié. En sachant que la bonne réponse, ce n'est pas l'emploi: c'est l'employabilité! Si il y avait un mot en "té" à mettre en avant, ce serait (plutôt que la compétitivité) l'employabilité et la productivité. Il y a une concentration sur les emplois qui existaient déjà dans des structures qui emploient beaucoup. Avec comme conséquence, c'est que le pacte de compétitivité qui devait promouvoir les exportations va surtout bénéficier à La Poste, une entreprise tout à fait estimable mais qui n'exporte pas; et aux réseaux de grandes distributions, qui sont là aussi des entreprises qui sont sur du commerce local et donc qui n'exportent pas. Il y a une focalisation sur certaines formes d'outils qui a comme conséquence qu'on passe à côté de l'objectif.

JPF : Quelles mesures adopter?
J-M. D
: Je pense qu'il faudrait considérablement alléger la fiscalité des entreprises. Régulièrement, on recense le nombre d'impôts payés par une entreprise (impôts, taxes, taxes parafiscales) et on arrive à un nombre absolument invraisemblable ! On tourne autour de 150 taxes que peut être amenée à payer une entreprise selon les endroits où elle se trouve. Le véritable choc de simplification, ce serait donc de balayer tout ça et de ne garder qu'un seul impôt sur les entreprises. Si on fait un peu de théorie économique, on s'aperçoit que le meilleur impôt, celui qui est le plus adapté à l'évolution cyclique de l'économie, c'est l'impôt sur les sociétés (celui sur les profits) avec un taux autour de 12 à 15%. D'ailleurs nos partenaires européens sont soit à ces taux là, soit essaye de s'en rapprocher. Manuel Valls a annoncé qu'il allait baisser l'impôt sur les sociétés à 28%.

JPF : Pas avant 2020 !
J-M.D
: Voilà ! On voit bien qu'il l'annonce pour un futur... qui n'est pas un futur proche. On ne sait pas très bien comment il va le financer. Il continue à manipuler les mots "responsabilité", "solidarité" etc. Derrière tout ça, je pense qu'il y a une vision très centrée sur l'immédiateté. Et puis, il y a une méconnaissance de cette espèce de réflexe assez naturel chez tout individu qui est de se protéger contre l'agression fiscale soit par le refus du travail, soit par le travail au noir. Mais la fraude fiscale, pour beaucoup c'est de la fraude à la TVA. Ce sont donc des gens qui se sont mis en situation de travail au noir parce qu'ils étaient pourchassés, harcelés et en situation de pré-rupture par rapport à leur situation économique présente. Je pense que le système est trop rigide et qu'il fonctionne sur une vision un peu trop carrée et trop simplificatrice de la réalité. Et comme il a une vision simplificatrice, il va avoir des actes qui sont eux extrêmement compliqués. Le véritable enjeu dans le choc de simplification, c'est ces gens-là! C'est ce réseau qui rend des services immédiats à la population et qui va correspondre à la fois à une réserve d'emplois et puis une réserve d'amélioration de notre vie au quotidien.

JPF 

Interview réalisée le 28/04/14