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Industries : c'est pour quand l'investissement?

Soumis par Je Produis Français le 5. Mai 2014 - 18:56
Patrick Mainguené, fondateur d'In'Soft, répond à Je Produis Français

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La désindustrialisation, certaines entreprises la vivent à fond. Et pas seulement à cause des fermetures. Pour In-Soft, c'est surtout le vieillissement du matériel qui empêche les nouvelles d'émerger.

Je Produis Français : Les récentes mesures annoncées par le gouvernement vous ont-elles convaincues?
Patrick Mainguené (fondateur In'Soft)
: Pour moi, c'est invisible pour l'entreprise. On a besoin de mesures beaucoup plus importantes. Toute cette mouvance de petites "mesurettes" fait qu'aujourd'hui on ne sait plus trop où on en est. C'est beaucoup plus une perte de temps qu'une vraie aide aux entreprises. ça le sera sans doute pour certaines. Mais pour avancer réellement aujourd'hui, il faut des grands bouleversements.

JPF : Pour vous la limite, elle est industrielle ?
P.M :
C'est à dire qu'on parle beaucoup dans les mesures qui ont été annoncées, de simplification etc. Mais à côté de ça, on oublie de voir qu'il y a des pans entiers de l'industrie qui ont quasiment disparus. On est entrain d'essayer de les conserver sur du matériel qui a souvent 20-30 ans. Aujourd'hui, il faudrait innover pour produire. Produire différemment. ça demande aussi d'autres matériels. Et là dessus, il ne faut pas imaginer que l'innovation elle est uniquement dans les nouvelles technologies. En France on a tendance à penser que l'innovation c'est souvent soit l'informatique soit la biologie(tout ce qui est médical), soit les très hautes technologies. Je pense qu'il faut être un peu plus pragmatique . Il n'y a pas 50% de gens qui travaillent dans ces domaines là. Au contraire, l'innovation doit intervenir sur tous les pans de l'industrie qui restent en France. Il faut voir comment on peut (pour exister demain) innover encore dans ces domaines là.

JPF : Que faut-il?
P.M :
Nous, on est entre start-up et très petite entreprise. On est 5 personnes On fait à la fois de la production et du développement ce qui veut dire qu'on a besoin de matériel .Aujourd'hui, si on veut être au niveau de pays concurrents, ce sont des investissements qui sont lourds. Sur notre métier qu'est la chaussure, on n'a pas les moyens d'investir dans du matériel. Le rôle des banques n'est pas joué. Il doit être facilité. Aujourd'hui, il y a vraiment une grande difficulté pour investir sur du matériel.

JPF : Comment faire pour renouer avec l'investissement dans votre secteur d'activité?
P.M : Le textile est une industrie qui était très forte en France. Il faut qu'on trouve les moyens pour investir. Souvent les budgets sont alloués aux grosses structures. Alors qu'il y a de l'innovation dans les petites. Il faut trouver le moyen pour répartir l'ensemble et simplifier l'accès aux financements pour ces toutes petites structures. Les grosses ont des moyens colossaux et des structures qu'elles peuvent dédier quasiment exclusivement à la recherche et au développement. C'est elles qui ont le plus accès à ces aides. Alors que finalement ce sont les petites entreprises qui ont souvent des idées et qui pourraient proposer de nouvelles solutions pour innover différemment. Construire de nouvelles filières.

JPF

Interview réalisée le 29/04/14